La Havane, 1996 : en racontant l'histoire de plusieurs autochtones qui entretiennent une relation amour-haine avec leur pays. Sonia Pastecchia dévoile une autre image de l'île de Cuba, bien loin de l'ambiance carte postale de Wim Wenders et du Buena Vista Social Club.

A travers les récits d'un Sino-Congolais coupeur de canne, d'un jeune révolutionnaire aux idées claires ou d'une femme les pieds sur terre, la cinéaste dessine le portrait d'une société toujours fragilisée mais qui, lentement, se redresse,et regarde l'avenir avec confiance, la tête haute et le sourire aux lèvres.

Sorte de roman-photo à la Chris Marker, entrecoupé de quelques plans de mer agitée et commenté par la voix de la réalisatrice, Isla capture des moments de la vie qui bouleversent. En osant créer l'émotion par un simple collage d'images fixes, Sonia Pastecchia réussit un beau tour de force, surtout grâce au rythme et à la bande-son, montée avant la bande-image.

Rumeurs de la ville, bruits du ressac, voix monocorde à la Delphine Seyrig, tout concourt à relancer continuellement l'attention du spectateur, balancé doucement d'un témoignage à l'autre, comme si la mer, charriant elle aussi son lot de surprises, dictait la mise en scène. De tous ces portraits

d'hommes et de femmes surgit alors une vision de liberté, touchant à l'universel. Car comme le dit l'un des personnages, « la liberté on se la crée, en regardant autour de soi, en revalorisant chaque instant ».

A méditer.

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